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Budget primitif 2022

Conseil municipal du 30 mars 2022

Délibération n° 6 : Budget Primitif 2022



Madame la Maire, mes cher(es) collègues,


Dans le cadre de ces délibérations successives je souhaitais vous apporter, au nom des groupes d’opposition (Antoine AUDI et Patrick PALEM) un éclairage différent du vôtre sur les actions du début de mandat, les budgets et nos rapports avec l’agglomération.

Vous sollicitez une participation des citoyens mais le risque est de beaucoup les décevoir si vous ne les entendez pas ou si vos réponses ne sont pas à la hauteur de leurs attentes. En tant que citoyen-élu, je vous expose, à vous et à votre majorité, mes remarques dans un but constructif mais aussi d’alerte. Je ne souhaite pas donner de leçon.

C’est donc le ressenti « mitigé » d’une gestion, certes saine car facilitée par l’augmentation des droits de mutation et relativement conforme à celle attendue, mais nettement moins ambitieuse qu’elle aurait pu l’être, avec, encore pour 2022, un champ de vision rétréci et une gestion à court terme… N’est-ce pas pourtant votre responsabilité de première élue que d’anticiper ?

Votre gestion est trop centralisée, trop autocratique malgré un affichage de pseudo-concertation qui ne trompe plus personne. Il suffit de se référer à la récente consultation publique sur Les Messagers. Elle en dit long, par les options proposées, sur votre mode de fonctionnement.


ACTIONS 2020-2021


Au-delà de certaines réussites indéniables, à porter à votre crédit, essentiellement des animations, comme « La Prétrocorienne », « L’Eté sur les quais », « Le village enchanté » de Noël, la magnifique déambulation nocturne du solstice d’hiver dans le vieux Périgueux jusqu’à la place Mauvard, beaucoup d’autres actions sont maladroites.

Pour en citer certaines : celle avec des producteurs du marché au gras malmenés cet hiver sous couvert d’alibi, non recevable, de risque sanitaire, celle de la récente tentative pourtant bienvenue et nécessaire mais picrocholine de théâtraliser les rues ce printemps, celle de vos plantations simplistes voire un peu ridicules de végétaux sur nos trottoirs, éloignées d’une vraie et nécessaire préoccupation environnementale, celle de la transformation du Salon, rebaptisé Festival du Livre Gourmand, comme si vous vous interdisiez de poursuivre dans une continuité républicaine, les manifestations qui fonctionnent bien… le nom a changé mais aussi malheureusement sa prestance, son périmètre et ses financements réduits d’un tiers qui rendent la manifestation forcément moins prestigieuse. Dans le même registre, la suppression de Péri’meuh reste incompréhensible ! C’était une vraie réussite. Sarlat est en passe de devenir « La » capitale gastronomique du Périgord, avec ses trois jours de rencontre du monde rural et du monde urbain qui s’ajoutent aux Journées du goût et de la gastronomie. En lieu de quoi, Périgueux a proposé, lors d’un récent marché, un confidentiel stand « Place à l’Agri » voulu comme un « street-marketing »… Vous y croyez vraiment ?


Malgré les 6 à 8 000 personnes présentes chaque Nuit Gourmande, organisées par Bruno DUNOYER, qualifiées dès votre arrivée de, dixit, « foire à la saucisse » et « ratatouille de rue » …vous supprimez d’un trait de plume le concept, pour finalement le reprendre in extremis ! Il est donc surprenant de vous retrouver festoyant à Sarlat dans une animation semblable, sauf si vraiment elle était si, dixit, « gargantuesque », laissant à penser, maladroitement, que l’on s’ennuie ici à Périgueux...


COMPTE ADMINISTRATIF ET BUDGET PRIMITIF


Plus consensuelle, comme vous l’annonciez hier dans la presse, la lecture des chiffres de vos bilans, qui « bon an, mal an » sont corrects, stables, équilibrés et quasi superposables à ceux de la précédente mandature d’Antoine AUDI. Les mêmes politiques de la ville se retrouvent au Top 5 des dépenses de fonctionnement et d’investissement avec des dimensionnements comparables à quelques milliers d’euros près. Concernant l’importante masse salariale qui a encore augmenté, 62% du budget à Périgueux…, nous sommes à presque 700€/habitant/an mais, finalement après comparaison, cela reste du même ordre que celle de Limoges et de Bergerac et nettement inférieure à celle de Sarlat (900 €). La vigilance reste de mise car les heures supplémentaires liées à la reprise des activités vont grever le budget.


C’est dire que la différenciation, dans des villes de petite taille, entre les couleurs politiques se font sur d’autres critères que financiers. Il en est de même, et c’est une surprise, des pseudo-marqueurs identitaires « solidarité » ou « sécurité », qui représentent, malgré les effets d’annonce, des budgets quasi similaires que l’on soit de droite ou de gauche. C’est sur la manière dont vous imprimez votre marque, vous dirigez, vous dépassez la gestion du quotidien, vous impulsez une politique ambitieuse et dynamique que se feront les différences.


De fait, des questions, sur l’orientation du budget primitif 2022, restent sans réponse.

Quid du devenir des nombreuses études déjà menées sur l’attractivité, les commerces et l’urbanisation de centre-ville… doit-on vraiment en réaliser de nouvelles, pour faire des aménagements ?

Que fait le Manager de centre-ville que peu de commerçants semblent connaitre ?

Quels types d’actions économiques, notamment commerciales, concrètes et rapides allez-vous mettre en place cette 3eme année de mandat ?

Quel est le bilan des 3 heures de gratuité de stationnement en termes d’attractivité et de cout pour les contribuables ?

Quelles réflexions menez-vous avec l’agglomération sur les déplacements et les transports sachant que l’offre de stationnement ne contribue pas à la vitalité de la ville mais sa politique de mobilité, certainement ?


GRAND PERIGUEUX


Enfin, pour rebondir sur cette dernière question, je souhaitais interpeller, depuis cette tribune, chacun de mes collègues, sur la polémique entretenue par vos très nombreuses déclarations publiques et votre positionnement personnel par rapport au Président AUZOU, qui mettent la ville à l’index.


Je rappelle qu’en termes de soutien public à la ville, pour donner des chiffres concrets (il se trouve que ce sont ceux de la précédente mandature, mais qu’importe), c’était 100 M d’euros investis à Périgueux en 6 ans : 70% qui venaient de la ville et 30% de l’Agglomération. L’agglomération et sa solidarité rurale-urbaine restent incontournables pour nos réalisations en cours et futures. Il est dangereux et provocateur d’envisager d’en sortir. Je dirais même, c’est irresponsable de l’évoquer régulièrement dans les médias ou dans le cadre de vos rencontres avec nos concitoyens. De plus hier, n’en jetez-plus, la cour est pleine… la formule dans Sud-Ouest, dixit, « d’investissement oiseux », renouvelée aujourd’hui, à propos des 17M € du Grand Périgueux pour le Pôle Aliénor est quasi injurieuse pour les élus de la collectivité qui investit de telles sommes sur notre territoire et illisible pour tous les contribuables.

Quel a été votre positionnement à l’époque de la validation de ce dossier ?

Pouvons-nous, sans cesse, remettre en cause les choix irréversibles du passé y compris ceux récents ?


Madame la Maire, votre gestion inédite de l’épisode qui va se conclure, enfin demain, sur la TF, n’est ni bonne, ni utile pour la ville-centre en termes d’image. Vos saillies médiatiques réitérées et l’annonce caricaturale, vous le savez bien, du chiffre de 53% d’augmentation du foncier, ont braqué les élus de tout bord, au-delà du GELIPP, y compris dans de nombreux conseils municipaux, et votre approche légitime initialement, devient maintenant difficilement audible. La question, demain, n’est plus, pour ou contre l’augmentation de la TF, mais est devenue, et je le crains mais nous n’y avons aucun intérêt, pour ou contre Delphine LABAILS…

Nous aurions pu, vous auriez dû calmement, car les données étaient connues depuis la mi-novembre, infléchir par une discussion préalable et argumentée, la position communautaire de prospective prudentielle, du fait des nombreux projets programmés dont les surcouts en 2022 sont évalués entre 3 et 4 M d’euros.

Effectivement, nos finances restent saines. Effectivement la temporalité de cette hausse n’est pas optimum avec la crise sanitaire, économique et ce nouveau contexte international très tendu. Vous auriez pu insister sur la fragilité et la précarité de certains de nos concitoyens même s’il s’agit, dans le cas du foncier, des propriétaires de leurs logements et non des plus fragiles de nos administrés.

Vue que les finances sont saines, avec un taux d’épargne brute de 17%, rien n’empêchait d’ailleurs la ville, de réduire sa fiscalité propre, honorant ainsi un de vos engagement de campagne. Le geste aurait été élégant et aurait obligé ainsi l’agglomération à la modération. D’autres communes vont probablement le faire.

Cette crispation surjouée sera dommageable à long terme pour notre cohésion collective et le sera surtout pour Périgueux. Je ne crois pas que c’était l’objectif recherché sauf à vouloir provoquer une scission dans l’agglomération. Je souhaite que les membres de votre équipe puissent d’ici demain, contribuer à modifier votre position. L’agglomération reste ouverte aux discussions et aux débats, mais pas par voie de presse ou par courrier personnalisé à tous les élus. Une rencontre urgente avec le Président AUZOU doit être encore possible.


Vous semblez découvrir la problématique, comme nous la connaissons nous aussi, ici, dans cette enceinte, à ce que le fait majoritaire s’impose, avec toute la difficulté d’acceptation personnelle quand vous pensez certains de vos arguments entendables par la partie adverse. Apposer une apparence d’audace dans ce contexte, risque de passer pour une proposition démagogique alors qu’économiquement le raisonnement, développé bien plus en amont, aurait mérité d’être entendu.

Je terminerai par ces quelques vers de Jacques Prévert que chacun devrait méditer « Il suivait son idée, C’était une idée fixe, Et il était surpris de ne pas avancer »


Merci à toutes et tous de votre patiente écoute.

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