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Handicap - 3: un fil d'eau trop profond

Petite série de trois publications sur le handicap. Trois problématiques très différentes.


Après la précédente publication sur le handicap qui avait été préparée depuis plus d'un mois et demi, comme certains le savent, victime d'un accident, je suis amené, transitoirement, à me déplacer en fauteuil roulant ou avec des cannes anglaises.

Ce constat est non polémique et se veut plutôt un appel à la vigilance pour l'équipe en place.


Il ne serait pas correct pour moi de parler au nom des personnes handicapées dont la vie quotidienne est tributaire définitivement de ces outils de déplacement.

J'avais envisagé de pointer les difficultés quotidiennes qu'une personne en fauteuil pouvait rencontrer sur nos trottoirs et autres traversées de rue au quotidien, voire d'en faire une cartographie... Finalement j'y renonce car ce serait trop centré sur mon quartier et je ne souhaitais pas me servir de ce qui m'arrive, pour exploiter ce sujet éminemment sensible et être suspecté d'en faire une récupération politique.



Au quotidien, en quelques jours, j'ai rencontré des difficultés sur les racines d'arbre qui décollent des plaques de trottoir; sur des couvercles en fonte mal ajustés au dessus d'un regard ou d'un accès aux réseaux; sur une inclinaison latérale trop forte du trottoir pour permettre l'écoulement naturel des eaux vers le caniveau mais qui entraine aussi votre fauteuil vers les voitures garées au long du trottoir; sur l'étroitesse de certains trottoirs; sur la réduction du passage par le poteau directionnel ou EDF, le mobilier urbain ou la borne incendie tous trop médians; sur le voiture ou le véhicule de livraison garés sans scrupule à cheval sur le trottoir et la rue; sur l'absence, une fois sur deux, d'abaissement localisé (appelé communément bateau) pour accéder au passage piéton sur les anciens mais aussi, parfois, sur de nouveaux trottoirs refaits il y a peu. Incivilités, infractions voire incivisme!

Ma principale et plus fréquente difficulté a été sur des équipements pourtant neufs et conformes aux préconisations réglementaires (bateaux, entrées charretières).


Ces petites rehausses sont impossibles à franchir par les roues avant du fauteuil, même si elles respectent la réglementation: 2 cm maximum de hauteur si bord arrondi, 4 cm maximum si le bord du trottoir avec chanfreins, c'est dire sur 12 cm de largeur pour respecter une pente de 33%.).


Après quelques recherches, voici en extrait de la fiche technique destinée aux collectivités:

La maîtrise d’œuvre de conception reste sensibilisée et dispose des compétences nécessaires à la matérialisation d’un projet respectant les conditions d’accessibilité. Il n’en va pas toujours de même, tout du moins c’est le constat actuel, pour les entreprises chargées de la réalisation. Le contrôle d’exécution par les maîtrises d’ouvrage et d’œuvre est en général périodique et rarement simultané à l’exécution de tel ou tel aménagement d’accessibilité. C’est alors souvent « trop tard » ou bien l’écart de réalisation sera jugé « mineur » et la qualité globale sera dégradée par un « détail » bloquant. Le ressaut en nez de traversée piétonne est un cas symptomatique où la maîtrise d’exécution conditionne la qualité « accessibilité ». Deux avaloirs collectent le point bas de part et d’autre du bateau afin d’éviter les flaques .



Les textes réglementaires précisent la hauteur acceptable, de 2 cm maximum, pour que la roue avant d’un fauteuil roulant ne se bloque pas.


Le schéma illustre le blocage des roues de fauteuil du fait d’un fil d’eau trop marqué, même avec une hauteur de 2 cm.

Ces chiffres semblent minimes, mais pour peu que l'usager soit un peu lourd, ce qui est mon cas... et que la chaussée soit aussi un peu surélevée par des rechargements successifs, cela entraine un effet de butée lors du franchissement, rendu alors impossible, sauf si une âme charitable vous aide!

Des rehausses limitées à 1 cm maximum seraient souhaitables.


On comprend mieux, alors, que certaines personnes à mobilité réduite empruntent la chaussée plutôt que le trottoir, même si en termes de sécurité c'est interdit.


 

MEMO:

Rénovation de la voirie 2014-2020: les chiffres


L'état de nos rues et de nos trottoirs de datent pas de cette municipalité et chacune a fait ce qu'elle pouvait en son temps, mais le chantier reste énorme et l'état de notre voirie s'aggrave.

Je vous communique les chiffres, ceux durant la précédente mandature, pour illustrer l'importance du chantier des routes, des trottoirs et de leur accessibilité PMR, acronyme qui inclue évidemment nos personnes âgées, les parents avec des landaux.


Les budgets à y consacrer sont énormes, jugez un peu:

Périgueux c'est 141 km de voirie dont 120 sont communales

Durant l'ensemble du mandat de la précédente équipe, en 6 ans, près de 10 km de voirie communale ont été rénovés par des entreprises pour un montant de 16.48 M d'euros, à travers les plans "Périgueux en mouvement" et "Macadam".

Durant les 6 années, près de 6 km de voirie supplémentaires, ont été effectués par le Grand Périgueux et le Conseil Départemental de la Dordogne pour un montant estimé de 9.9 M d'euros.

Des travaux de maintenance ont été réalisés par des équipes du service "voirie" en régie.

Au total, en 6 ans (2014-2020), c'est 11% du domaine qui a été rénové soit 16 km pour 26 M d'euros.

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