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Un pouvoir d'achat en baisse?

Des graphiques et des chiffres... et des perceptions contrastées avec des inégalités qui se creusent même si des efforts ont été faits pour les plus pauvres d'entre nous. Faute d'infographies actualisées disponibles, les chiffres portent tantôt sur 2021, sur 2022 ou sur le premier semestre 2023 selon les graphiques.


Selon, la Direction Générale du trésor, en mai, la consommation des ménages en biens repart à la hausse (+0,5 % en variation mensuelle en volume, après −0,8 %), la confiance des ménages gagne +2 pts (à 85) et l'indice des prix à la consommation ralentirait (à +4,5 % sur un an après +5,1 %).

Les « dépenses contraintes » pèsent dans le budget des Français. Elles s’élèvent en moyenne à 1 055 € par mois [Source: seconde édition de l’étude publiée par le comparateur Lesfurêts et CSA Research]

On appelle dépenses contraintes (dépenses fixes ou dépenses pré engagées), des coûts qui sont difficilement négociables à court ou moyen terme car ils ont un caractère obligatoire du fait de la loi (impôt, assurance…) ou de la signature d’un contrat (loyer, abonnement téléphonique, factures d’eau, services financiers…). Il existe de fortes variations sur le poids budgétaire des dépenses contraintes, selon l’âge, la région, et le revenu du ménage. L’étude a retenu le profil du couple avec deux enfants. Les principaux postes de dépenses contraintes sont :

  • le logement : environ 662 €, qui recouvre loyer, crédit, assurances liées au logement, électricité, chauffage… ;

  • le transport, avec 218 € par mois, dont :

    • le remboursement du crédit automobile, avec 186 € en moyenne ;

    • le carburant (94 €)

    • l’assurance automobile (84 :€)

    • et éventuellement, le forfait de transport en commun (50 €).

  • la santé : le budget des Français s’élève en moyenne à 99 € par mois, mais avec d’importantes disparités selon les âges : 47 € pour les 18-24 ans, et 134 € pour les plus de 65 ans ;

  • les frais de communication (téléphonie, internet, abonnements numériques, …) : 80 € en moyenne, poste par ailleurs stable quel que soit l’âge ;

  • enfin, les frais financiers, dont le montant moyen par mois s’élève à 73 €. Cela comprend principalement les frais bancaires. L’étude note que 25 % des Français remboursent un crédit à la consommation de 153 € mensuel, en moyenne.

L'étude constate d’importantes disparités au regard du poids budgétaire des dépenses contraintes.

Pour les ménages modestes (revenu mensuel unitaire compris entre 0 et 927 €) le budget moyen dédié aux dépenses contraintes est de 1 374 €/mois, soit 66 % du budget global. En revanche, pour les ménages de la classe moyenne (revenu mensuel unitaire compris entre 1 483 et 2 600 €), le budget moyen des dépenses contraintes est de 1 471 €, soit 38 % du budget global. Enfin, ces dépenses pour les ménages plus aisés (revenu mensuel unitaire compris entre 2 601 et 3 100 €), s’élèvent à 2 346 € /mois, soit 31 % du budget global.

 

Les prix: derniers chiffres notamment ceux de mars 2022- mars 2023

 
 

Nos dépenses quotidiennes: comparatif mai 2022-mai 2023

 

D'après UFC-Que Choisir, les produits d’épicerie, les produits laitiers, le poisson, la charcuterie et le rayon traiteur restent les plus inflationnistes depuis 1 an, de même que l’alimentation animale. Pour affronter cette perte de pouvoir d’achat, une majorité de Français ont modifié le contenu de leur panier de course : moins de viandes, de fromages, de fruits et légumes frais, davantage de marques de distributeur (MDD) et surtout de produits premier prix. Soulignons que les prix des MDD ont davantage augmenté (+25 %) que les grandes marques (+18 %) mais, démarrant d’un prix initial plus faible, ils restent concurrentiels.


D'après Le Parisien, qui suit l'évolution d'un panier alimentaire type depuis plusieurs mois, suite à l'inflation alimentaire, les prix ont encore bondi de 6,7 % en trois mois: beurre, sucre, déodorant, biscuits… . Depuis fin février, les tarifs de 31 produits du quotidien analysés ont continué à flamber. Il faut aujourd’hui débourser 122 euros pour acheter ce qui coûtait seulement 100 euros, il y a un peu plus d’un an, et 115 euros en début d’année.

 

Carburants: évolution sur une année, le poids des taxes

 
 

Le SMIC: réévaluation de 317 € sur 10 ans (+22%)

 
 

Pouvoir d'achat (chiffres 2022), en baisse pour tous

 

SMIC - MAJ 26 avril 2023

La Pyramide des salaires en France (chiffres 2021)

 

Les revenus sociaux

 

 

Des écarts qui se creusent malgré un pouvoir d'achat qui, en théorie, a augmenté!

 

Les Echos, sous la plume de Guillaume de Calignon ont publié le 17 mars 2022 cette infographie dont nous vous donnons une extrait de l'analyse ci-dessous.


Le pouvoir d'achat a plus augmenté pendant ce quinquennat qu'au cours des deux précédents. Selon une étude de l'OFCE le pouvoir d'achat par unité de consommation- c'est-à-dire en fonction du nombre de personnes constituant un ménage, ainsi que de leur âge - a grimpé de 0,9 % par an, soit environ 300 euros de plus chaque année. La hausse a concerné aussi bien les Français les plus aisés que les plus modestes, les classes moyennes étant les premières gagnantes. Mais cette amélioration s'est faite au détriment des finances publiques.


Selon l'OFCE, en moyenne, le pouvoir d'achat des Français a progressé de 300 euros par unité de consommation entre 2017 et 2021. « C'est une progression supérieure à celle des deux derniers mandats présidentiels », note Mathieu Plane, économiste à l'OFCE. Evidemment, tout n'est pas dû au gouvernement en place. La conjoncture internationale a également joué. Mais les décisions politiques aussi.


D'abord, l'emploi a beaucoup progressé depuis 2017. Entre la fin 2017 et la fin 2021, plus d'un million d'emplois ont été créés. Ce qui a concouru à augmenter le pouvoir d'achat des ménages. Ensuite, les mesures fiscales et sociales ont aussi joué, selon l'OFCE. Les baisses de cotisations sociales, la fin de la taxe d'habitation pour 80 % des ménages, la hausse de la prime d’activité, la revalorisation du RSA puis plus récemment le chèque énergie et l'indemnité inflation : toutes ces mesures ont généré un gain de près de 120 euros par unité de consommation. Ce sont les classes moyennes qui ont le plus profité de ces réformes, avec des gains de pouvoir d'achat supérieurs à 7 % sur cinq ans.


Certes, ces chiffres sont des moyennes et peuvent cacher de fortes disparités entre les Français. Mais l'OFCE montre que, si le niveau de vie des 10 % des Français les plus aisés a augmenté de 3,2 % sur le quinquennat, celui des 10 % les plus modestes a aussi grimpé, de l'ordre de 5,7 % après prise en compte de la réforme de l'assurance chômage qui a amputé une partie de leur revenu.

Avec tout de même un bémol, quand on rapporte ces chiffres non pas en pourcentage mais en euros, le paysage est nettement différent. Les 10 % les plus riches ont vu leur niveau de vie grimper de 2.600 euros par unité de consommation au cours du quinquennat alors que celui des plus pauvres n'a progressé que de 600 euros. Les inégalités ont donc augmenté mais le niveau de vie de chacune des catégories s'est amélioré.


Une des explications de cette progression du pouvoir d'achat est à chercher du côté des difficultés rencontrées par Emmanuel Macron. Son quinquennat a été caractérisé par deux crises : les « gilets jaunes » et le Covid. C'est sous la pression de la première, des manifestations les samedis dans les grandes villes du pays et de l'occupation des ronds-points, que le gouvernement s'est résolu à renforcer des mesures favorables au pouvoir d'achat. Et c'est à la suite de la seconde, la pandémie, que le « quoi qu'il en coûte » a été mis en place pour, notamment, protéger le porte-monnaie des Français.


Cette tendance a une autre face : les gains de pouvoir d'achat ont été permis par une dégradation notable de l'état des finances publiques. Le déficit public a augmenté « de 2,2 points de PIB entre le deuxième trimestre 2017 et la fin 2021 », souligne Mathieu Plane. Et la dette publique s'est envolée de quasiment 20 points de PIB.


Avec une interrogation pour la suite : la guerre en Ukraine et la hausse des prix des matières premières relancent l'inflation qui devrait atteindre 4,5 % sur un an au deuxième trimestre [2022] selon l'Insee. Pas sûr, donc, que la performance des cinq dernières années en matière de pouvoir d'achat puisse être réalisée dans les cinq prochaines même avec les remises sur le prix des carburants.


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