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Stop aux coupes rases et préservons nos forêts!

A travers cinq exemples, nous souhaitons sensibiliser nos concitoyens à la protection de nos forêts, à l'heure ou la mode est aux coupes rases y compris sur notre territoire!


Toutes les informations sur la coupe rase: https://www.canopee-asso.org/coupes-rases/

Les coupes rases sont aujourd’hui très mal encadrées par la loi, y compris dans les parcs naturels régionaux.

Plusieurs outils réglementaires encadrent la gestion forestière, selon que la forêt appartient à un propriétaire public (L’État ou une collectivité locale) ou privé.


En France, 75% des forêts appartiennent à des propriétaires privés.


Pour les forêts de plus de 25 hectares, le propriétaire doit réaliser un Plan Simple de Gestion et le faire valider par le Centre Régional de la Propriété Forestière. Ce plan doit être cohérent avec le Schéma Régional de la Gestion Sylvicole (SRGS).

Pour les forêts de moins de 25 hectares, le propriétaire doit simplement s’engager à respecter un règlement type de gestion ou un code de bonne pratique sylvicole (CBPS). A défaut, et selon un seuil de surface défini dans chaque département, il peut également demander une autorisation de coupe.

Pour les forêts publiques, c’est l’Office National des Forêts qui élabore les documents de gestion en se référant au Schéma Régional d’Aménagement.

 
Préservons nos forêts
 

Forêt de Jaure (24)

Suite à l’émission radio de France Bleu Périgord cette semaine sur le projet original de la commune de Jaure en Dordogne, il nous a semblé intéressant d’élargir notre réflexion aux forêts primaires, ces espaces naturels « ensauvageonnés » dans lesquels l’homme ne devra quasiment plus pénétrer pour laisser la place à une nature équilibrée entre faune, flore, champignons.

Comment peuvent évoluer ses espaces préservés voire interdits ?

Le premier exemple local où la main de l’homme va beaucoup cependant intervenir , tout au moins au début, est celui présenté par Bernard Guyot et Benoit Thérèze sur France Bleu Périgord dans la quotidienne « Sauvons la planète ! » du lundi au vendredi à 6h22.



Le promoteur de biodiversité "Créateur de forêt" porte un projet de préservation sur une durée longue, un siècle, de la biodiversité dans un espace assez réduit de 6 hectares sur la commune de Jaure (entre Bergerac et Périgueux). Il est financé par des entreprises et des particuliers. Actuellement parrainé à hauteur de 18%, le projet regroupe plus de 120 particuliers et 25 entreprises. Le terrain appartient à la municipalité. Il avait fait l’objet d’une coupe rase précédemment, ce qui permet de partir de zéro mais semble cependant moins intéressant en termes d’espèces à préserver que la préservation d'un forêt plus ancienne.

Toutes les infos sur le projet : https://www.createurdeforet.fr/creations/jaure/


La vidéo de présentation du projet :

 

Etat de la forêt sur notre territoire


Voici l’état de la forêt sur notre territoire et l’apport de l’agroforesterie dans un développement durable de nos espaces boisés.

 

Domaine de Peyssac (24)

Un autre exemple proche qui demande une prise de décision quant à la gestion future de ce site, est celui du domaine de Peyssac sur la commune de Razac-sur-l’Isle.

C’est un site naturel remarquable classé réserve naturelle régionale depuis 2014. Il est la propriété de l’association Patrimoine environnement et le Centre départemental d’étude du milieu (CDME) en assure sa gestion depuis 2004.

Le domaine s’étend sur 74 hectares et abrite 253 espèces botaniques dont trois protégées au même titre qu’une partie de la faune. De l'autour des palombes au hibou moyen-duc en passant par le pic épeiche, un grand nombre d'espèces est installé à Peyssac.

 

Forêt de Chizé (79)


Près de Niort, la Forêt de Chizé, 2 500 hectares préservés depuis 16 ans sans coupe d’arbres. Plus de 25 km de clôture, un seul point de passage et une autorisation spéciale pour y entrer, la réserve biologique intégrale de la Sylve d'Argenson s'abrite du monde extérieur sur le site d'anciens baraquements de l'armée américaine noyés dans la végétation.

Des chevreuils et leurs faons, des linottes mélodieuses sur les tiges de jeunes sorbiers, des orchidées céphalanthère rouge, un concentré de chlorophylle.


Le principe même de la Réserve biologique intégrale, créé en 2006, est justement de laisser vieillir la forêt. Si un arbre est tombé, il ne sera ni débardé ni débité ni vendu. Il va se décomposer sur place et l'on pourra regarder comment dans le puits de lumière que sa chute a créé, une nouvelle vie reprend. C'est un terrain d'étude.

Au bout de 16 ans, sans aucune intervention humaine, la forêt commence à se fermer. L'absence de lumière favorise dans un premier temps le hêtre par rapport au chêne ou à l'érable.


Elle occupe le périmètre de la base américaine qui héberge maintenant le centre d'études biologique de Chizé. Une antenne du CNRS où l'on mène par exemple des recherches sur les performances athlétiques des serpents.

Découvrez cet interview:

 

Château de Randal Plunkett (Irlande)


Une épopée individuelle!

A 25km de Dublin, le Château de Randal Plunkett comporte un domaine de 750 hectares dont la moitié est un espace protégé abandonné à la nature depuis 8 ans.

Exit les tondeuses et le bétail, bienvenue aux animaux sauvages, champignons et marécages. Randal Plunkett, 21e baron de Dunsany et trentenaire écologiste, a fait le pari du « ré-ensauvagement », en laissant la nature reprendre ses droits sur le domaine de son château irlandais dont la famille est propriétaire depuis 900 ans.

Et les résultats se font sentir. Des martres, une espèce très rare proche de la fouine, ont déjà été aperçues dans le domaine, où la loutre et le cerf élaphe prospèrent. Buses, milans royaux, faucons pèlerins, éperviers, crécerelles et bécassines : les oiseaux sont légion. Il y aurait même un pivert, le tout premier observé dans la région depuis un siècle, affirme Randal Plunkett.

Sur une partie du domaine, la pelouse s’est transformée en un large marais, où l’on compte 23 espèces d’herbes et de nombreux insectes.

65 % de sa superficie de l’Irlande est désormais consacrée aux terres agricoles. L’idée de ne pas exploiter au maximum une terre agricole n’est pas aisée: « mes vosisins pensaient que je détruisais des terres agricoles en parfait état », que « j’étais juste un décadent ».

Le baron a d’ailleurs dû faire face à des « menaces » et « du vandalisme ». Lui qui considère son domaine comme une « oasis », où la chasse au cerf est interdite, patrouille aux aurores pour tenir à distance les braconniers. « C’est devenu une guerre et nous la gagnons lentement parce que la vérité c’est qu’il faut agir face au changement climatique », affirme-t-il.

 

Forêt Bialowieza (Pologne)


La dernière forêt primaire ou forêt vierge de basse altitude de tout le continent européen, à cheval sur les territoires polonais et bélarusse. Formée il y a dix mille ans, lors de la dernière glaciation, elle est historiquement restée à l'écart de la plupart des influences humaines et est une zone jamais exploitée par l’humain. Le caractère vierge de cette forêt découle des rois qui l’ont protégée pendant des siècles, non pas en raison d’une passion pour la nature, mais parce qu’ils avaient besoin d’un "terrain de jeu" pour chasser le gibier.


Le site du patrimoine mondial de la Forêt Bialowieża est un vaste massif de forêt ancienne comprenant à la fois des conifères et des feuillus d’une superficie totale de 141 885 ha. Situé sur la ligne de partage des eaux entre la mer Baltique et la mer Noire, ce bien transfrontalier apparaît comme une région irremplaçable pour la conservation de la biodiversité.


Il comprend un complexe de forêts de plaine caractéristiques de l’écorégion terrestre des forêts mixtes d’Europe centrale. La zone a une importance exceptionnelle pour la conservation compte tenu de l’échelle de ses anciennes forêts qui comprennent de vastes zones non perturbées où les processus naturels sont en cours. En conséquence, le site est riche en bois mort, sur pied et tombé, et l’on y trouve donc une diversité élevée de champignons et d’invertébrés saproxyliques.

Le bien protège une faune diverse et riche dont 59 espèces de mammifères, plus de 250 espèces d’oiseaux, 13 amphibiens, 7 reptiles et plus de 12'000 espèces d’invertébrés. L’emblème du bien est le bison d’Europe : environ 900 spécimens vivent dans l’ensemble du bien, soit près de 25% de la population mondiale totale et plus de 30% des animaux vivant en liberté.


En danger en 2017, avec l’abattage de 190 000 mètres cubes d’arbres, impulsé par le gouvernement polonais conservateur du parti Droit et justice (PiS). Bien qu’effectuée à l’extérieur de la zone protégée du parc national, cette déforestation inédite, en plein site classé Natura 2000, avait valu à la Pologne les remontrances de Bruxelles. Sous la menace de sanctions financières s’élevant à 100 000 euros par jour, Varsovie avait jeté l’éponge...

 

Biodiversité et ... Tchernobyl (Russie)


Après l’explosion de Tchernobyl en avril 1986, une zone d’exclusion a été créée autour de la centrale et 350.000 personnes ont été évacuées. Trente-trois ans plus tard, la nature, qui semble reprendre ses droits en l'absence de l'Homme, est étudiée de près par les scientifiques. Plus grave accident nucléaire de l'Histoire, l'environnement naturel a lui aussi souffert, comme les forêts de pins proches de la centrale : cette région a reçu des doses importantes de radiations, les arbres sont morts et leurs feuilles sont devenues rouges, d'où le nom de « forêt rouge » donné à ces bois. Peu d'animaux ont survécu aux radiations émises.

On pourrait penser que la région de Tchernobyl resterait une zone sans vie, en raison de la persistance des radiations dans le temps. Pourtant, aujourd'hui, dans la zone d'exclusion de Tchernobyl qui se trouve en partie en Ukraine et en Biélorussie, vivent des ours bruns, des bisons, des loups, des lynx, des chevaux de Przewalski, et plus de 200 espèces d'oiseaux. Les grands mammifères profitent de l’absence de l’Homme. Les grenouilles de Tchernobyl sont plus sombres que celles qui vivent à l'extérieur de la zone d'exclusion, ce qui pourrait être une forme de défense contre les radiations. Des effets négatifs des radiations ont aussi été mis en évidence sur les animaux : les insectes auraient une espérance de vie plus courte à Tchernobyl, et il y aurait plus d'oiseaux albinos.

Un des problèmes majeurs d'un accident nucléaire est que la décontamination est un phénomène extrêmement lent. Les éléments contenus dans le panache radioactif se sont d'abord déposés sur le couvert végétal et se sont ensuite infiltrés dans le sol, grâce aux pluies. Aujourd'hui encore, le césium 137 et le strontium 90 (dont les demi-vies avoisinent les trente ans) continuent de migrer verticalement dans le sol à raison de 2 à 4 centimètres par an. Mais les végétaux continuent de se multiplier, et se seraient même adaptés à l’environnement contaminé.

Les animaux ont-ils également développé des stratégies pour ne pas (trop) souffrir de la radioactivité ? Malheureusement, selon certains articles publiés dans des journaux scientifiques, la majorité des espèces animales étudiées (mammifères, oiseaux, amphibiens, poissons, invertébrés) montrerait des signes d'anomalies morphologiques, physiologiques ou génétiques. Différentes espèces d'insectes et d'araignées seraient aussi moins abondantes qu'ailleurs.

Une espèce particulière d'oiseau, l'hirondelle rustique (Hirundo rustica) a été abondamment étudiée, et les chercheurs ont pu montrer que les individus de cette région ont des cerveaux plus petits, que leur ADN est plus abîmé et qu'ils sont victimes de beaucoup d'autres anomalies. Les observations ont également montré que ces oiseaux semblent modifier leur comportement face au danger de la radioactivité, car ils choisissent de concevoir leur nid dans les zones les moins contaminées de la région.

D'un autre côté, d'autres scientifiques, comme R. J. Baker et R. K. Chesser, de l'université du Texas Tech University, sont beaucoup plus positifs. Selon les conclusions de leurs travaux, également publiés dans des journaux scientifiques sérieux, les animaux seraient en bonne forme et toujours aussi nombreux. D'après eux, si la radioactivité à haute dose tue réellement, les effets d'une exposition chronique modérée ne sont pas bien connus mais s'avéreraient bien moins nocifs que ce qui était attendu.

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